germe de conscience

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L’abolition du travail obligatoire

Classé dans : Non classé — 23 août, 2010 @ 8:15

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Depuis la tendre enfance, par notre éducation, par la quasi absence de vie sociale alternative collective, par la nécessité qu’impose l’environnement économique de compétition, par la volonté délibérée d’une élite qui s’en est toujours libéré, nous sommes tous conditionnés au travail obligatoire. Il est la valeur réactionnaire phare, indiscutable et indiscutée, qui  impose  à la masse un mode de pensée, un mode de vie et une organisation sociale tournée vers l’asservissement,  la productivité et la rentabilité forcées et calculés. 

Pourtant l’étymologie du mot travail, du latin tripalium Instrument de torture à trois pieux utilisé par les Romains de l’Antiquité pour punir les esclaves rebelles  ou Instrument qui servait aussi à ferrer de force les chevaux rétifs, cette étymologie est tout à fait explicite sur son caractère pénible, de contrainte et d’assujettissement du bétail humain par l’élite dominante.  A la lumière de cette définition on comprend mieux l’intention manipulatrice derrière le slogan « travailler plus pour gagner plus » qui vise en fait le « travailler plus pour payer plus ! » 

Depuis les utopies de la renaissance avec Thomas More en particulier, avec « les lumières » de Voltaire ( l’homme aux quarante écus) et plus proche de nous avec Victor Hugo qui proposait déjà, dans un de ses discours politiques, une rente à laquelle aurait droit tout citoyen, provenant d’un capital implicite créé par le travail des générations précédentes, les graines d’une vraie libération sociale révolutionnaire  ont été plantées et peuvent maintenant germer à travers tout le monde. 

C’est l’homme et le bien commun de l’humanité qui est la valeur fondamentale et universelle de toute économie. Elle doit lui être assujettie et non l’inverse.  Il n’est que temps de cesser de penser que la souffrance est rédemptrice d’une lointaine et hypothétique faute commise et que l’homme doit à jamais « gagner sa vie » à la sueur de son front ! Le déracinement de cette croyance enfouie au plus profond de notre conscient et de notre inconscient est le préalable à l’imagination et à la création d’un monde nouveau.  Cette croyance ne sert pas la plus grande idée que nous avons de nous même et la libération de notre devenir. Il est nuisible d’entretenir la pensée : «  il n’y en a pas assez pour tous », celle d’un monde ou le manque implique la lutte, la compétition, celle d’une vie qui se gagne à la mesure de la pénibilité de la tâche. Pourquoi ne pas lui substituer une vision d’un monde d’abondance, un monde ou le partage  et la passion serait la règle délibérément choisie. L’action passionnée même s’il elle nécessite une vive circulation d’énergie ne laisse pas une sensation de peine et de souffrance. Les plantes poussent sans peiner et donnent du fruit facilement. La nature nourrit les oiseaux du ciel qui savent apprécier et se satisfaire de ce qu’elle offre en abondance. Le soleil brille et réchauffe généreusement sans s’économiser. Les croyances évolutives, les idées constructives, la joie se partagent sans manquer à celui qui les donne.  L’humanité à besoin d’inspiration et cette inspiration doit venir de chacun de nous.  Chacun à sa semence particulière à planter dans le terreau du monde pour le teinter de son humanité et enrichir l’ensemble par  sa spécificité. Croire en de nouvelles potentialités pour soi, pour la France et pour l’humanité c’est ouvrir la porte à un futur renouvelé. Croire c’est mettre en germe la création. 

En France, l’article premier de notre constitution déclare : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »  C’est sur cette base ainsi que sur la copropriété, par l’ensemble des citoyens, de la richesse commune de la nation et de l’héritage des générations précédentes que nous proposons avec d’autres,  l’institution d’un salaire universel citoyen : le S.U.C

 En effet chaque personne, du simple fait qu’elle existe, est source de richesses pour la communauté. Chacun est cohéritier du capital culturel, social et technologique produit par les générations précédentes et œuvre  à le faire fructifier pour les générations à venir. La dignité d’une personne existe en soi et non pas du fait de son seul travail rémunéré et il n’est que temps que ce principe d’humanité s’inscrive dans la réalité matérielle et  économique de notre société. De plus une fois libéré de l’obligation du travail, contrairement à ce que prétendent ceux qui  ont une vision définitivement pessimiste de l’humanité et donc d’eux même, le citoyen humain raisonnant ne deviendra pas automatiquement un oisif inactif et paresseux mais au contraire, ayant du temps pour apprendre à mieux se connaître, à  vivre ses passions et à mieux connaître le monde qui l’entoure , il saura alors véritablement ce qu’il aime et il agira et créera une société à son image. Les cas marginaux extrêmes seront compensés par la majorité statistique des citoyens responsables et les  extrémistes eux  mêmes ouvriront sans doute de nouveaux chemins de vie possibles ! 

Ce salaire universel citoyen (S.U.C) sera un  revenu de base versé à tout citoyen français en âge d’exercer sa citoyenneté pleine et entière (18 ans révolu), sans discrimination de sexe, de ressource, ou d’origine sociale. Ce S.U.C  ne pourra être supprimé au citoyen Français mais sera soumis, sous peine de sanctions financières prélevées à la source, à l’exercice de son devoir de vote concernant toutes élections, référendum et autres consultations citoyennes. La suspension du droit de vote pour crimes et délits devra être abolie. La nationalité et la citoyenneté française ne peuvent  être retirées  à un français pour quelque motif que ce soit. 

Le salaire universelle citoyen ( S.U.C)  devra correspondre à un équivalent en pouvoir d’achat actuel du salaire minimum pour un temps plein ( Smig) afin de lui permettre de se loger, de se nourrir, de se vêtir et d’avoir accès à un minimum de services culturels.  Cette allocation délivre tout citoyen de l’obligation de se contraindre à des tâches serviles et non désirées. Il se substitue à toutes les aides sociales variées et diverses et autres allocations familiales, de chômage, de retraite et permet de supprimer toute la bureaucratie et les contrôles qui leurs sont liés. (de rares cas isolés d’allocation pourront néant moins être pris en compte comme par exemple des maternités de mineurs orphelins !) 

Ce salaire universel citoyen ( S.U.C), sans condition hormis le statut de citoyen français et l’âge de la majorité citoyenne, est une avancée culturelle et sociale devenue réalisable grâce à la rationalisation, à la productivité des machines, à l’ingénierie informatique et  à la globalisation des systèmes économiques. Elle est devenue nécessaire à cause de l’individualisation, de l’évolution des parcours de vie et des bouleversements dans le monde du travail. Elle est devenue indispensable pour que le progrès libère l’être humain plutôt qu’il ne le marginalise. 

Le salaire universel citoyen ( S.U.C) se veut un électrochoc révolutionnaire pour déstabiliser  le carcan rigide des idéologies de compétition. Il replace le développement des qualités d’être de chaque individu au cœur de la vie en société. Il conduit chacun à se poser la question de quoi faire ou ne pas faire de son temps. Il oblige à une réévaluation des valeurs de la  « vie active ». Pour le salariat, Il contraint à la négociation directe entre les citoyens et favorisera la coopération et l’entraide. Il permet également de valoriser et de rendre pérennes toutes les activités jusqu’alors non économiquement  prises en compte tels que les travaux d’éducation et domestiques des femmes au foyer, le bénévolat associatif, le travail artistique et de recherche personnelle, la reconquête du tissus rural par une agriculture vivrière extensive de grande qualité,  l’expérimentation de nouveau mode de vie et de penser… 

Le salaire universel citoyen (S.U.C) participera grandement à la baisse du coût du travail tout en permettant une revalorisation globale des salaires. En effet pour toute la fonction publique le S.U.C viendra en déduction des salaires qui devront être renégociés  pour rester attractifs. Par exemple pour une infirmière qui serait payée 2300 euros, le S.U.C en 2010 serait d’environ 1200 euros , l’hôpital pourrait payer après renégociation 1400 euros au lieu de 2300 euros [ économie de 900 euros pour la structure hospitalière sans compter les charges !] et l’infirmière gagnerait en fait 2600 euros  [ 1200 + 1400] au lieu de 2300 euros . Pour le milieu privé, le S.U.C  une fois pris en compte dans le revenu mensuel, devrait permettre une économie substantielle des charges salariales des entreprises avec une augmentation globale non moins substantielle pour le salarié ( par exemple pour un ouvrier d’une chaine de montage  répétitive qui gagnerait  1300 euros mensuel,  le salaire global,  S.U.C  compris,  pourrait être renégocié à 2100 euros à cause de la pénibilité et de la motivation nécessaire à ce service : 1200 euros pour le S.U.C et  900 euros pour l’entreprise. Tout le monde y gagne ! La compétitivité des entreprises françaises s’en trouverait  démultipliée  sans être sous le coup des lois de libre échange international  qui limitent ou empêchent les subventions d’Etat. Cette allocation mettrait également un point final au stérile débat sur les retraites et supprimerait des fiches de paie les cotisations assurances vieillesse, les allocations familiales, la cotisation ASSEDIC… La France redeviendrait instantanément  compétitive internationalement et pourrait très rapidement rebâtir son tissus agricole et industriel si cette aspiration correspond à la volonté partagée de son peuple. 

Pour ceux qui arguent  que cet apport d’argent créera nécessairement une inflation galopante on peut objecter qu’au contraire, le faible coût pour les entreprises du travail humain se répercutera sur la rentabilité de la production des biens et des services. Cette révolution ne manquerait pas d’avoir d’autres conséquences encore insoupçonnables sur la prise de conscience individuelle et la réévaluation des valeurs au sein de notre société, sans compter sur l’impact mondial de l’exemple français sur les autres nations ! 

Tout ceci est intéressant me direz vous mais comment finance t’on ce salaire universel citoyen ? 

 Si nous nous mettions d’accord sur le principe que le travail contraint est bien moins valorisant et de ce fait moins efficace et moins performant que le travail choisi et que nous choisissions en conscience de renverser démocratiquement le système établi de longue date sur le travail obligatoire du plus grand nombre au profit d’une minorité dirigeante qui en est délivrée, alors nous trouverons les moyens de concrétiser ce choix. L’équilibrage et l’harmonisation sont des facteurs de progrès, l’élitisme et la compétition sont des  facteurs de désordre et de violence.  Tout, en économie, en politique et en société est d’abord une question de choix. Avec le choix clair et conscient d’un partage et d’une répartition plus équitable de la richesse et des héritages de la nation, les moyens pour assumer ce choix seront à créer avec imagination, intelligence et adaptabilité. Il est nécessaire changer nos habitudes de penser et d’éliminer toutes rigidités dogmatiques. 

Quelques  chiffres : 

Dépense : le S.U.C (salaire universel citoyen) pour la totalité de la population française (64.7 millions  d’individus  moins les 22% de mineurs environ )  avec une base de 1200 euros/personne et par mois représente un coût total annuel d’environ  605 milliard euros pour l’Etat. ( à titre d’information comparative la France, en octobre 2008, a établi en quelques jours un plan de sauvetage de 360 milliards d’euros pour renflouer  les banques privées qui représentent une infime minorité de la population,  en leur accordant généreusement sans contre partie réelle les deux tiers du capital ! )   

Quelques pistes envisageables de recette : 

-            La piste d’une augmentation de la T.V.A : (compte tenu des 125.6 milliard de recette TVA en 2010 avec un taux le plus répandu  de 19.5% et compte tenu de l’augmentation certaine de la consommation qu’impliquerait le salaire universel citoyen) le passage à une TVA à 40% donnerait une recette fiscale prévisible annuelle d’environ 300 milliard d’euros. 

-          La piste d’une taxe anti spéculation sur les transactions de change type « taxe Tobin » : pour la France une taxe équivalente à 2% des échanges spéculatifs boursiers rapporterait 680 milliards annuel à l’Etat. Il faudrait cependant pour être le plus efficace pouvoir l’établir collectivement avec les autres nations. 

-          La taxation des revenus du capital : En 2009, le taux moyen de prélèvements était de 42 % sur les revenus du travail et le taux moyen de prélèvements était dans les faits de 18,3 % sur les revenus du capital. La simple équivalence  entre la taxation de ces deux revenus en 2009 aurait rapportée 113 milliard d’euros à l’Etat. Sans changer l’assiette des taxations, la recette de l’impôt sur le revenu serait également notablement accrue par le versement du S.U.C. et sa comptabilisation dans le revenu moyen des français. 

-          La reprise en main par l’Etat de son droit régalien à émettre sa monnaie. Ce droit nous a été confisqué par une mafia financière non élue démocratiquement qui a corrompu la classe politique. Elle nous fait payer des intérêts sur un capital qu’ils fabriquent ex nihilo avec du papier et nous vendent au prix de l’euro, du dollar, de la livre… Le remboursement des seuls  intérêts de cette dette pour la France est tel qu’il a englouti  en 2009 13.9% du budget de l’Etat ! (environ 40 milliards d’euros). Cette reprise en main du pouvoir d’émission monétaire par la nation et au service du peuple et du bien commun pourrait à elle seule  permettre de créer la masse monétaire  nécessaire et suffisante pour lancer la création du S.U.C  ce qui ne serait pas un gaspillage d’argent public mais un investissement et un  pari sur la liberté, le développement et la créativité des français. 

 Erik Gruchet, Saint Pierre le lundi 23 août 2010 

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