germe de conscience

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Archive pour le 9 juillet, 2012

L’hommo-créator

Posté : 9 juillet, 2012 @ 9:03 dans Non classé | 1 commentaire »

Dans la brise du matin, le bruissement des palmes vibre l’air d’un cliquetis d’étoffe
rigide. Les martins croassent et dans le lointain, le vrombissement d’un
hélicoptère annonce le départ des riches touristes vers le massif du volcan.
L’hiver austral a posé sa fraîcheur sur le parc. Le temps est suspendu au
réveil de la ville. L’odeur du café ramène à soi et, peu à peu, la conscience
perce la ouate de l’habitude de vivre. Qui suis-je ?

Je ne suis pas ce corps dont quelques heures auparavant, dans l’oubli du sommeil,  je n’avais qu’une inconscience résiduelle. Je ne suis pas mes peurs qui s’évanouissent par instant pour mieux revenir m’assaillir.
Je ne suis pas mes pensées qui me traversent en fulgurance avant de retourner
d’où elles sont venues. Je ne suis pas mes sentiments qui ne cristallisent en
« réalité » que sous la pression d’un mental assoiffé et insatiable.

Pourtant derrière la fenêtre de mes yeux, de mes oreilles, de mon odorat, de mon goût et
de la sensation de mes doigts sur le clavier patiente l’Etre, dont l’attention
inconditionnelle prouve la vigilance et suggère la présence légère. La ténuité
de l’Etre et son effacement amoureux dans ce que nous nommons « la vie
humaine » nous caresse avec une telle permanente douceur qu’il n’est
possible de l’entendre que dans l’absolue paix du cœur et le renoncement à la
volonté du mental.

L’Etre que nous sommes en Vérité, établi dans sa parfaite immortalité, n’est pas
pressé ! Se sachant créateur, il infuse d’amour chaque goutte d’eau pour
dissoudre le granit le plus dur. La coquille commence à fendre et de
l’intérieur de l’œuf, la lumière transpire déjà. Les rats, éclairés par
l’aurore naissante deviennent progressivement visibles et paniquent devant la
conscience de leur enfermement et le dévoilement de leur forfaiture. Mais la
lumière brille pour tous. Ils pourront eux aussi, sans doute, renoncer à leurs peurs
et à leur parasitisme pour s’établir dans l’opulence infinie de leur divinité
créatrice.

L’énergie libératrice vient de la connaissance de notre nature première. Nous ne sommes
ni rat, ni chat, ni mouton, ni loup. Nous sommes l’Hommo-créator, fidèle reflet,
dans le miroir de la matière, de l’Absolue Conscience. Aucune autorité
extérieure ne prévaut sur lui sauf à ce qu’il abdique sa couronne. Toute l’astuce
des parasites, qui sont aussi et malgré tout les catalyseurs de notre dévoilement,
a été de lui masquer cette Vérité. Chacun et tous, nous sommes à la fois la
créature et le créateur. Aucune occurrence n’est externe. Rien de ce qui
advient ou de ce qui est créé n’est autre qu’un plan conçu par notre essence
individuelle pour faire briller la lumière de la conscience et révéler la
puissance de l’Esprit. Chaque leçon de vie est choisie par notre Etre pour
donner à l’animal-égo l’opportunité de Voir et établir ici et maintenant, la
concrétisation de son plein potentiel. Chaque rencontre, de la plus douce à la
plus violente, est une coopération fraternelle pour faire advenir La Vérité :
nous sommes individuellement l’autorité suprême. Il n’y a rien au dessus, rien
à prier, rien à supplier, rien à espérer, rien à servir que notre Etre.

Toute délégation de pouvoir est abandon de Soi. Renoncer à être le souverain de notre
vie et le maître de notre destiné c’est renoncer à notre projet d’incarnation
et donc à appeler la mort. L’unique fonction de cette infinie mascarade cyclique
des réincarnations est de lasser notre patience d’ange afin de nous forcer nous
même à nous souvenir de notre puissance de Feu et de notre expérience d’éternité.

Ancrer par la peur une autorité à l’extérieur de Soi, comme l’établissent  les hiérarchies sociales, politiques, militaires ou religieuses, distille le poison insidieux de la perte de conscience et de l’abandon
de responsabilité. L’autonomie naturelle de l’humain est ainsi dévoyée rendant
difficile voir impossible toute coopération qui n’advient que dans un rapport d’échanges
justes et équilibrés. Ainsi la division, la soumission et le renoncement deviennent
la norme. Ainsi la séparation d’avec notre Etre est maintenue et le sceau de l’oubli,
scellé.

Dés la naissance, l’enfant humain est formaté à l’impuissance et  à la résignation. Elles tissent un voile
devant la conscience de sa vraie nature omnipotente et dessinent déjà le chemin
de sa déchéance future. Elles contraignent l’incorruptible puissance de l’Etre
à jouer le scénario de la passivité écrit par les usurpateurs. Cette
désorientation volontaire de la conscience humaine sert des intérêts étrangers.
L’abandon de Soi devient un mode de vie. La résignation et la fatalité sont
érigées en dogmes. La séparation du Ciel et de la Terre assure la division du royaume
et programme la fin de la partie.

Se tenir debout, sans filet, sans assurance, sur le fil de sa vie, force à la vigilance.
Cet acte volontaire d’attention rouvre la porte de la communion avec Soi. Les
réponses sont alors claires et sont celle de l’autorité suprême, hors de tout
compromis. Sûr de son immortelle puissance et de son abondance infinie, l’homo-créator
est alors un roi magnanime, un juge impartial, un amant attentif. L’autorité
suprême ne s’immisce que dans ce qui la concerne, au moment présent et avec la
précision du scalpel. La présence à l’instant est gage d’éternité.

La lumière vive du soleil évapore maintenant les gouttelettes de rosée. La conscience de la
souveraineté s’estompe comme s’estompent les étoiles derrière le bleu du ciel.
Le tohubohu de la cité des fous reprend peu à peu ses faux droits et m’entraine
dans son sillage anarchique. Je garde en mantras le secours de la devise de
notre île : « je fleurirais là où je serais porté » !

Erik Gruchet, Saint Pierre le 9 juillet 2012

 

 

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